Le magasin des suicides de Jean Teulé

Résumé :

 

Vous avez raté votre vie ? 
Avec nous, vous réussirez votre mort

 

Imaginez un magasin où l’on vend depuis dix générations tous les ingrédients possibles pour se suicider. Cette petite entreprise familiale prospère dans la tristesse et l’humeur sombre jusqu’au jour abominable où surgit un adversaire impitoyable : la joie de vivre…

 

L’auteur : 

 

Jean Teulé est l’auteur de quatorze romans, parmi lesquels Je, François Villon, qui a reçu le Prix du récit biographique, et Le Magasin des Suicides, traduit en dix-neuf langues, dont l’adaptation en film d’animation par Patrice Leconte est sortie sur les écrans en 2012. Darling a été adapté au cinéma par Christine Carrière, avec, dans les rôles principaux, Marina Foïs et Guillaume Canet. Sous le titre Arrêtez-moi !, Les Lois de la gravité a également fait l’objet d’une adaptation cinématographique en 2013 par le réalisateur Jean-Paul Lilienfeld, avec Miou-Miou et Sophie Marceau. Le Montespan, prix Maison de la Presse et Grand prix Palatine du roman historique, sera le prochain film d’Olivier Marchal. Le dernier roman de Jean Teulé, Fleur de tonnerre, a paru aux éditions Julliard en mars 2013.

 

Editions : Pocket
Année de publication : 2008
Nombre de pages : 160

Mon avis : 

 

Le magasin des suicides est un livre que je souhaitais lire et qui, par miracle, est apparu abandonné dans mon hall d’immeuble. Ce livre est basé sur l’humour noir, un style que j’apprécie. Pour se mettre dans l’ambiance, un extrait me parait le plus approprié :

 

C’est un petit magasin où n’entre jamais un rayon rose et gai. Son unique fenêtre, à gauche de la porte d’entrée, est masquée par des cônes en papier, des boîtes en carton empilées. Une ardoise pend à la crémone.
Accrochés au plafond, des tubes au néon éclairent une dame âgée qui s’approche d’un bébé dans un landau gris :
– Oh, il sourit !
Une autre femme plus jeune – la commerçante -, assise près de la fenêtre et face à la caisse enregistreuse où elle fait ses comptes, s’insurge :
– Comment ça, mon fils sourit ? Mais non, il ne sourit pas. Ce doit être un pli de bouche. Pourquoi il sourirait ?
Puis elle reprend ses calculs pendant que la cliente âgée contourne la voiture d’enfant à la capote relevée. Sa canne lui donne l’allure et le pas maladroits. De ses yeux mortels – obscurs et plaintifs – à travers le voile de sa cataracte, elle insiste : 
– On dirait pourtant qu’il sourit.
– Ça m’étonnerait, personne n’a jamais souri dans la famille Tuvache ! revendique la mère du nouveau-né en se penchant par-dessus le comptoir pour vérifier.
Elle relève la tête, tend son cou d’oiseau et appelle :
– Mishima ! Viens voir !
Une trappe au sol s’ouvre comme une bouche et apparaît, telle une langue, un crâne dégarni :
– Quoi ? Que se passe-t-il ?
Mishima Tuvache sort de la cave avec, entre les bras, un sac de ciment qu’il dépose sur le carrelage tandis que sa femme lui raconte :
– La cliente prétend qu’Alan sourit.
– Qu’est-ce que tu dis, Lucrèce ?… Époussetant un peu de poudre de ciment sur ses manches, il s’approche à son tour du nourrisson qu’il contemple longuement d’un air dubitatif avant de diagnostiquer :
– Il a sûrement la colique. Ça leur dessine des plis de lèvres comme ça…, explique-t-il en remuant ses mains à l’horizontale, l’une par-dessus l’autre devant son visage. On peut parfois confondre avec des sourires mais ça n’en est pas. Ce sont des grimaces.
Puis il glisse ses doigts sous la capote du landau et prend l’aïeule à témoin :
– Regardez. Si je pousse les commissures de ses lèvres vers le menton, il ne sourit pas. Il fait la gueule comme son frère et sa soeur dès qu’ils sont nés.
La cliente demande :
– Relâchez.
Le commerçant s’exécute. La cliente s’exclame :
– Ah ! vous voyez bien qu’il sourit.

 

Cette lecture a été divertissante et pour bien prendre ce livre au degré d’humour auquel il a été écrit, mieux vaut ne pas trop analyser l’histoire. Je l’ai simplement lu pour me distraire. Bien qu’il soit légèrement glauque par moment.

Mes amis m’ont demandé ce que je lisais et j’ai répondu que c’était « l’histoire d’un magasin atypique qui te propose une corde pour te pendre en fonction de ta hauteur sous plafond (en général 2m suffisent) », ils étaient tout de suite intrigués. Et je les comprends. 

Cette histoire se lit très rapidement, vous pouvez vous y mettre facilement. D’autant plus que dès les premières pages, le lecteur est directement plongé dedans.

Maintenant, je souhaite voir l’adaptation cinématographique (film d’animation) par Patrice Leconte dont j’ai si souvent entendu parlé.

 
Ma note : 8/10
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8 réflexions sur “Le magasin des suicides de Jean Teulé

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