Claudine à l’école de Willy et Colette

claudine-a-lecole-coletteRésumé : 

« Ces quatre-là et moi, nous formons cette année la pléiade enviée, désormais au-dessus des « grandes », qui aspirons au brevet élémentaire. » Avec Claudine, quinze ans, intelligente, séduisante, très avertie, ses camarades, la flamboyante directrice de l’école et sa jolie adjointe, les deux instituteurs des garçons et quelques autres, nous allons vivre une année scolaire peu banale… Rempli de vie et de sensualité, Claudine à l’école, premier roman de Colette, réunit déjà toutes les qualités qui assureront l’immense succès du grand écrivain.

L’auteur :

Née en 1873 à Saint-Sauveur-en-Puisaye (Yonne), Sidonie Gabrielle Colette y vit jusqu’à son mariage en 1893 avec Henri Gauthier-Villars, dit Willy. C’est lui qui l’incitera à écrire la série des quatre Claudine (1900-1904). Divorcée en 1906, elle devient mime tout en continuant à écrire – romans ou souvenirs : Les Vrilles de la vigne, La Vagabonde, Dialogues de bêtes, La Retraite sentimentale ou encore L’Envers du music-hall. Elle donne des articles au Matin dont elle épouse le rédacteur en chef, Henri de Jouvenel, en 1912. Elle divorce en 1924, se remarie en 1935 avec Maurice Goudeket. Membre de l’Académie royale de Belgique (1936) et de l’académie Goncourt (1944), elle meurt à Paris en 1954. Par son style et par l’ampleur de son œuvre, elle se classe parmi les meilleurs écrivains du XXe siècle.

Editions : Le livre de poche

Année de publication : 1900

Année d’édition : 2010

Nombre de pages : 255

Mon avis :

Colette sonne à mes oreilles comme un auteur classique à lire au moins une fois dans sa vie. Ainsi, régulièrement, j’apprécie découvrir les classiques de la littérature française. Cette fois-ci je me plonge dans l’univers de Colette et Willy grâce à Claudine à l’école.

J’ai tout d’abord été surprise par la facilité de lecture, un peu comme je l’ai été avec Jules Verne. Préjugés ! Ce sont des narrations relativement fluides malgré la manière de parler de l’époque.

Claudine à l’école. L’école de Montigny-en-Fresnes. La France rurale. Nous sommes à l’époque des écoles non mixtes, les filles portent des robes en gaze et s’embellissent de leurs plus beaux rubans. Élèves, enseignants et parents se retrouvent gentiment au bal du village

Claudine est une jeune fille de 15 ans jouant de son physique de jeune femme et de son espièglerie d’enfant. Elle est la fille la plus populaire de l’école. Grâce à son aisance naturelle, elle s’est mise le corps enseignant dans la poche ce qui l’autorise à répondre avec une répartie subtile. Une vraie tête de mule qui parvient à mettre le monde à ses pieds.

Extrait : « – Claudine, au tableau. Extrayez la racine carré de deux millions soixante-treize mille six cent vingt.

Je professe une insurmontable terreur pour ces petites choses qu’il faut extraire. (…) Devant le tableau noir, je fais doucement : « non », en secouant la tête.

– Comment, non ?

– Non ! Je ne veux pas extraire de racines aujourd’hui. Ca ne me dit pas.

– Claudine, vous devenez folle ?

– Je ne sais pas, Mademoiselle. Mais je sens que je tomberai malade si j’extrais cette racine ou toute autre analogue.

– Voulez-vous une punition, Claudine ?

– Je veux bien n’importe quoi, mais pas de racines. Ce n’est pas par désobéissance ; c’est parce que je ne peux pas extraire de racines. Je regrette beaucoup, je vous assure. »

Avec la grande Anaïs, pince sans rire et vicieuse, Marie Belhomme, bébête mais guillerette et la petite Luce, Claudine et ses copines passent leurs journées à faire du commérage, des farces et à rendre folles les institutrices.

Claudine entretient des relations ambiguës avec d’abord Mlle Aimée, son enseignante puis Luce sa nouvelle camarade. Elle leur montre qu’elle les apprécie énormément, les rejette, se fait désirer, les rabaisse. Claudine est ce qu’on appellerait aujourd’hui un pervers narcissique. Elle joue de sa beauté et de sa conversation pour séduire aussi bien les hommes que les femmes.

L’ambiguïté dans les relations féminines se produit à plusieurs reprises dans le roman et en particulier entre Mlle Aimée et Mme Sergent la directrice. Il y a un paradoxe entre la bienséance des écoles pour filles et la naissance de plaisirs sensuels des filles de cet âge. Claudine n’hésite pas à dicter à ses camarades des extraits de lectures érotiques en guise de blague.

Extrait : « Pendant les récréations, comme le froid humide de ce vilain automne ne m’engage guère à jouer, je cause avec Mlle Aimée. Notre intimité progresse très vite. Nature de chatte caressante, délicate et frileuse, incroyablement câline, j’aime à regarder sa frimousse rose de blondinette, ses yeux dorés aux cils retroussés. Les beaux yeux qui ne demandent qu’à sourire ! »

Les jeunes filles ne côtoyant que très peu de personnes du sexe masculin, elles ne peuvent s’empêcher de se mettre en valeur lors de visites d’officiels. A 15 ans, Claudine reçoit des avances d’adultes mais sa répartie permet de calmer les ardeurs de ces messieurs. Ce livre d’apparence pure dévoile finalement des désirs ardents d’adolescentes devenant femmes. L’écriture de Colette laisse libre cours à l’interprétation des scènes.

Je me suis tout de même arrêtée pendant ma lecture (une certaine lassitude je dirais) pour la reprendre plusieurs semaines plus tard.

Claudine est une féministe avant-gardiste revendiquant sa liberté et son indépendance. Ses traits de caractère sont inspirés de Colette elle-même.

Ma note : 7/10

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