La voleuse de livres de Markus Zusak

la-voleuse-de-livreRésumé :

Leur heure venue, bien peu sont ceux qui peuvent échapper à la Mort. Et, parmi eux, plus rares encore, ceux qui réussissent à éveiller Sa curiosité. Liesel Meminger y est parvenue. Trois fois cette fillette a croisé la Mort et trois fois la Mort s’est arrêtée. Est-ce son destin d’orpheline dans l’Allemagne nazie qui lui a valu cet intérêt inhabituel ou bien sa force extraordinaire face aux événements ? A moins que ce ne soit son secret… Celui qui l’a aidée à survivre. Celui qui a même inspiré à la Mort ce si joli surnom : la Voleuse de livres…

L’auteur :

Markus Zusak est né à Sydney en 1975. Ses parents sont d’origine allemande et autrichienne.

Auteur de quatre livres qui ont tous été primés, il est désormais reconnu comme l’un des romanciers contemporains les plus novateurs et poétiques d’aujourd’hui, figurant parmi les meilleures ventes en Australie et aux États-Unis. Deux de ses ouvrages ont été traduits en français, La Voleuse de livres (Oh ! Éditions, 2007) – best-seller international traduit dans vingt langues et adapté au cinéma en 2013 – et Le Messager (Éditions Kero, 2014).

Markus Zusak enseigne également l’anglais à l’université de Sydney.

Editions : Pocket

Année de publication : 2007

Année d’éditions : 2014

Nombre de pages : 632

Mon avis :

La mort nous rattrapera, toujours. Elle est omniprésente autour de nous et en particulier autour de Liesel Meminger. Liesel vit en Allemagne nazie. Fille de communiste, elle devra vivre avec ce terrible secret dans sa famille d’accueil.

La mort est proche. Elle lui a déjà pris son petit frère. C’est d’ailleurs la Mort qui narre l’histoire. Sa narration est d’autant plus surprenante qu’Elle nous annonce qui Elle va rencontrer prochainement ainsi que les évènements à venir. Car la Mort ne fait pas de chichi et emporte avec Elle les âmes perdues.

La mort tourne autour de Liesel mais ce n’est pas elle qu’Elle vient chercher. Liesel est pleine de vie malgré cette période difficile de l’Histoire. Avec Rudy, ils font les 400 coups. Que ce soit à l’école ou aux jeunesses hitlériennes, les deux enfants ont du mal avec l’autorité. Ils trouvent diverses stratagèmes pour parvenir à voler un peu de nourriture pour contrer les rations alimentaires.

« Bizarre ou pas, Rudy était destiné à devenir le meilleur ami de Liesel. Une boule de neige en pleine figure est certainement la meilleure entrée en matière pour une amitié durable.»

De Rudy, on retient sa passion pour Jesse Owens, le coureur noir ayant remporté la médaille en course aux JO et sa détermination à conquérir le coeur de Liesel. « Donne moi un baiser », la phrase répétée du jeune Rudy envers Liesel dès qu’il accomplit un acte de bravoure.

Hans et Rosa sont les parents adoptifs de Liesel. « Ecoute, Liesel, à partir de maintenant, tu vas m’appeler Maman » a dit Rosa le jour de l’arrivée de Liesel. « Et ce saukerl, ça sera Papa ». Car oui, Rosa donne des petits mots doux à tout le monde (le terme Saukerl est humiliant, il est une association de cochon et fainéant). Pour Liesel ça sera Saumensch (le féminin de Saukerl). Même si elle parait très stricte, Rosa aime beaucoup Liesel. Hans est la figure paternelle par excellence. Voici ce que la Mort nous dit à propos de Hans Hubermann :

Il aimait fumer.

Ce qu’il préférait dans les cigarettes, c’était les rouler.

Il exerçait la profession de peintre en bâtiment et jouait de l’accordéon.

C’était très utile, notamment en hiver, il pouvait se faire un peu d’argent en se produisant dans les bistros de Molching, comme le Knoller.

Il m’avait déjà échappé lors de la Première Guerre mondiale et il se retrouverait plus tard mêlé à la Seconde (par une forme perverse de récompense), où il s’arrangerait pour m’éviter de nouveau.

Pour rapporter de l’argent au foyer, Liesel va chercher le linge chez les riches familles de Molching pour que Rosa le repasse. Lorsque la femme du maire l’invite à entrer et à découvrir sa bibliothèque, Liesel, l’amoureuse de lecture, est émerveillée.

« Jésus, Marie… »

Elle lâcha à haute voix cette exclamation, qui résonna dans une pièce pleine d’air froid. Et de livres. Des livres en veux-tu en voilà. Chaque mur était couvert d’étagères pleines à craquer et pourtant impeccables. On distinguait à peine la peinture. Sur le dos des volumes noirs, rouges, gris et multicolores, les titres étaient imprimés en lettres de toutes les formes et de tous les formats. Liesel avait rarement vu quelque chose d’aussi beau.

Elle sourit, émerveillée.

Dire qu’il existait une pièce comme celle-ci !

Elle tenta d’effacer son sourire avec le dos de la main, mais se rendit compte aussitôt que c’était inutile. Elle sentait le regard de la femme la parcourir et elle vit qu’il s’était posé sur son visage.

Un silence interminable s’installa. Il s’étirait comme un élastique tendu à l’extrême. Liesel prit l’initiative de le rompre.

« Je peux ? »

Les deux mots restèrent en suspens au-dessus de l’immensité déserte du plancher. Les livres étaient à des kilomètres.

La femme fit « oui » de la tête.

Oui, tu peux. 

Pourquoi Liesel est-elle aussi aussi éblouie par cette bibliothèque ? Déjà car il n’y a pas plus belle pièce dans une maison qu’une bibliothèque complète et surtout car la pauvreté dans laquelle elle vit l’empêche d’avoir accès à des ouvrages. Elle prend ainsi un soin extrême de ceux qu’elle est parvenu à « obtenir ». Liesel, la voleuse de livres. Cette pièce est un petit paradis sur Terre.

En lisant ce roman, il est difficile de ne pas être ému par la relation qu’entretiennent Hans, ce père aimant, et sa fille de coeur, Liesel. La complicité entre eux est touchante. Ils dégagent tant d’humanité que cela explique surement pourquoi la Mort n’arrive pas à les avoir. Ils dégagent de la vie.

La vie. C’est ce que Max essaye de garder. Max, l’homme aux cheveux tels des plumes d’un oiseau noir, bouscule le quotidien de cette petite famille. L’amitié l’unissant à la jeune fille grandissante est d’une sincérité immense. Il s’agit également d’une relation forte et émouvante. Liesel a ce don de créer des liens forts avec les personnes qu’elle rencontre.

Il est impossible de ne pas être touché par la beauté et l’humanité se dégageant de toutes ces personnes. Et a contrario, constater la méchanceté et la cruauté d’autres. Malgré un début un peu difficile, il faut maintenir le cap. Ce livre en vaut sérieusement la peine ! J’ai ressenti une grande émotion en lisant cette histoire et j’ai également été très satisfaite de l’adaptation cinématographique.

la voleuse de livers film

Film réalisé par Brian Percival avec Sophie Nélisse, Geoffrey Rush et Ben Schnetzer, sorti en 2013.

Cette histoire racontée par la Mort montre le pouvoir des mots. Les mots font vivre et mourir. C’est un hommage à la lecture et à l’écriture. Mais également à la langue allemande qui parsème l’ouvrage à chaque page.

Un roman coup de coeur.

Ma note : 10/10

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5 réflexions sur “La voleuse de livres de Markus Zusak

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