La Marquise de Mireille Calmel

La-marquise-de-Sade-Chroniques-libertines

J’ai lu La Marquise de Mireille Calmel et la première chose qui me vient à l’esprit est ohlala ! Quel roman coquin ! C’est bien de cette époque du XVIIIe siècle que vient la réputation des Français au lit… 

Renée Pélagie de Montreuil n’est autre que la Marquise de Sade, épouse du Marquis de Sade qui a donné son nom au sadisme. Définition – Sadisme : n.m. Perversion sexuelle dans laquelle le plaisir ne peut être obtenu que par la souffrance infligée à l’objet du désir. On retient de ce Monsieur en particulier ses pratiques sexuelles alors qu’il était aussi romancier et philosophe. Il s’agit évidemment, entre Donatien Alphonse François de Sade et Renée Pélagie de Montreuil, d’un mariage de convenance pour allier deux grandes familles.

Sauf que la Marquise, bien que folle d’amour pour son marquis, est bien prude. Que dire, elle pourrait être élue Sainte tellement elle est pieuse ! Mais son ignorance face aux vices de son mari fait jaser et est sujet de causeries à la cour. C’est ici que notre roman épistolaire commence avec une lettre d’un anonyme :

« L’on vous a trompée, Madame, sur le compte du Marquis. Vous valez mieux que ses débauches. L’aube à peine pointée, vous laissant endormie en couche, il se rend dans celle de votre camériste. Vérifiez, si vous doutez, mais de grâce, cessez d’afficher, en paraissant à ses côtés, cette béatitude de jeune mariée. Il est temps pour vous d’ouvrir les yeux, de vous draper de dignité et d’affronter les ragots, en faisant vôtre cette indifférence des femmes de haut lignage devant l’infidélité de leurs époux. Vous ne pouvez accepter que l’on se gausse plus longtemps, sitôt votre dos tourné, de votre prétendue stupidité.
– Un ami dévoué. »

La marquise sera d’abord outrée par de tels propos mais à force d’échanges, son écoute face aux conseils de cet ami dévoué devient plus vive. Elle se confie de plus en plus librement à lui et vice et versa.

Si la Marquise souhaite donner un jour un descendant à son époux, il va falloir se « décoincer ». C’est dans ce but que son ami anonyme va lui proposer divers exercices. Cela va commencer par la masturbation avec l’utilisation d’un marron dont la bogue est entourée de cire de bougie. Il va aussi lui notifier de sa présence lors d’une soirée à Versailles la rendant confuse et rougeoyante dès qu’elle croisait le regard d’un bel inconnu. Et pour finir, il lui donnera rendez-vous dans les garçonnières de son époux pour que, depuis un trou dans le mur, elle puisse regarder son mari en activité avec d’autres femmes.

« Ah, Madame,
Il ne vous mérite pas !
S’il ne tenait qu’à moi ! Je vous dirais bien qu’il existe un chemin entre le vice et la vertu. Un chemin si bien entretenu que tout y est délices. Le désir y compose des partitions sublimes et rien n’est son égal dans ce que je connus.
Las, il faut être deux pour avancer dessus…
– Votre dévoué »

« Est-ce une invitation, Monsieur ?
– R.P. »

Ce court roman est un petit plaisir. Le langage est doux et soigné. En plus de ses vertus libertines,  l’auteur a fait beaucoup de recherches pour ce roman afin d’être au plus près de l’Histoire.

 

 

3 réflexions sur “La Marquise de Mireille Calmel

  1. A-Little-Bit-Dramatic dit :

    La Marquise est un petit roman atypique… Peut-être la mention de roman libertin apposée sur la couverture n’est-elle pas complètement exacte, du moins, je ne l’ai pas vraiment ressenti comme ça en le lisant. La Marquise est cela dit un roman surprenant et l’auteure a su s’approprier une époque peu évidente mais ô combien passionnante… Le XVIIIème siècle, c’est finalement tout ça, la pruderie exagéré encore pleine de religiosité et de l’autre, un libertinage débridé… Parfois, la vision de Mireille Calmel est peut-être un peu trop contemporaine mais franchement, dans l’ensemble, c’est une vision assez nuancée d’une époque complexe que l’auteure nous restitue par un biais intéressant, celui de la sexualité qui en dit finalement long sur une société…
    Pour moi qui ne suis pas fan de romans érotiques là, je dois dire que Mireille Calmel m’a agréablement surprise… 😉 Et en plus, ce roman a le mérite de nous faire découvrir une femme oubliée, cette Renée-Pélagie dont on parle peu voire pas du tout.

    Une belle surprise pour moi !

    Aimé par 1 personne

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