L’Enigme de la chambre 622 de Joël Dicker

joel dicker l'enigme de la chambre 622 roman éditions de Fallois couverture

Quel super cadeau d’anniversaire ! Le dernier roman de Joël Dicker, rien que ça ! J’avais eu un coup de coeur pour La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert que j’ai lu en 2016. Je m’étais alors dit que je lirai d’autres romans de cet auteur sans en avoir pris le temps. Je me retrouve face à l’inévitable avec ce roman glissé entre mes mains !

Joël nous perd entre réel et fiction. C’est bien lui le personnage de départ dans le roman, dit L’Ecrivain. Avec ce pseudo, il faut laisser un peu de place à son ego, mais au vu du nombre de livres vendus de l’auteur, je veux bien concéder à l’appeler « L’Ecrivain »…
Il raconte toute son affection pour son éditeur Bernard de Fallois décédé en 2018 (vrai). Il parvient ainsi à lui rendre hommage tout au long du roman. Un bel hommage certes mais qui n’apporte rien à l’histoire. Puis nous arrivons dans la fiction où il raconte son histoire d’amour avec sa voisine de palier Sloane (faux – Joël est marié) et la suite où il quitte Genève pour s’exiler dans une station de ski chic, Verbier, pour soigner son coeur brisé. C’est là qu’il (L’Ecrivain) commencer son enquête sur le meurtre de la chambre 622 au Palace de Verbier avec Scarlett, sa voisine de chambre d’hôtel (décidément, une passion pour les voisines, Renan Luce si tu nous entends ?).

Et c’est là qu’on commence à se perdre. Après le passage du réel à la fiction, il faut en plus changer d’époque car le meurtre a eu lieu 15 ans auparavant. On est sur une intrigue très classique au premier abord : un couple, un adultère entre l’épouse et le collègue de son mari, une épouse « potiche », une domestique étrangère dévouée à son patron… Et un meurtre.

Le schéma narratif est parfaitement calculé. Il ne faut pas que le lecteur comprenne trop rapidement l’histoire. On fait des bons chronologiques, on change de narrateurs, difficile de s’y retrouver, surtout que Dicker prend bien la peine de ne pas citer certains noms de personnages préférant les citer par leurs fonctions : le cadavre, le directeur de l’hôtel, une jeune femme, le directeur de la banque… On sent un malin plaisir à en faire baver le lecteur, ce qui je dois l’admettre, m’agace quelque peu au départ, mais je me laisse emportée par l’histoire.

Ils sont trois personnages principaux : Macaire Ebezner, héritier de la banque Ebezner, Anastasia son épouse et Lev Levovitch, gestionnaire de grands comptes à la banque Ebezner.
Je craque particulièrement pour le personnage de Lev. Un homme doué pour tout, s’adapte dans tous les milieux, dispose d’une grande culture, parle plusieurs langues, et beau comme un dieu (du moins c’est comme ça que je l’ai imaginé). Grand banquier de Genève, son premier emploi était bagagiste dans le Palace de Verbier. Il est une success story incarnée. Il a tout, sauf l’amour.

Gstaad Palace Switzerland
Le Palace de Verbier dans mon imaginaire – Gstaad Palace, Suisse

Malgré les sauts entre le présent et le passé on s’y retrouve car parfois les scènes sont à nouveau décrites par un autre personnage. Il y a d’ailleurs pas mal de mots redondants ou de détails mis en exergue laissant quelques indices au lecteur. Pensant avoir trouvé un gros élément de l’enquête (je me tannais pendant ma lecture, attendant désespérément que les personnages comprennent ce que j’avais compris depuis plusieurs pages déjà), je me suis ensuite retrouvée démunie face à un enchaînement d’informations bouleversant complètement la tournure de l’histoire. Dicker a finalement réussi à m’avoir mais – MAIS – j’ai réussi à trouver l’auteur du meurtre une page avant qu’il soit annoncé ! Ou un paragraphe avant peut-être ?… Bref. A force de lire ou regarder des enquêtes policières, je cherche toujours les éléments qui vont à contre courant de ce que veut nous faire croire la narration et cette technique fonctionne une peu (trop) bien avec ce roman.

Les derniers chapitres m’ont vraiment tenu en haleine. Mais je garde en travers de la gorges cette désagréable sensation que Dicker joue avec le lecteur comme un chat et sa souris (presque) morte. C’est un petit agacement, de l’ordre du « poke » répétitif, mais un jugement probablement très personnel. Presque agacée d’avoir appréciée ma lecture, grr sacré Dicker !

– Et comment est-ce qu’on crée une intrigue ? me demanda Scarlett.
– Très bonne question, docteur Watson. C’est une erreur que les écrivains qui débutent commettent souvent ; ils considèrent qu’une intrigue est constituée de faits assemblés les uns aux autres. On imagine un personnage, on le plonge dans une situation, et ainsi de suite.
– Effectivement, avoua Scarlett. J’avais d’ailleurs eu l’idée de roman suivante : une jeune femme qui se marie et qui, le soir de sa nuit de noces, tue son époux dans leur chambre d’hôtel. Mais je ne suis jamais arrivée à développer.
– Parce que vous assemblez des faits, comme je viens de vous le dire. Or, un intrigue, comme son nom l’indique, doit être constituée de questions. Commencez par poser votre trame de façon interrogative : Pourquoi une jeune mariée tue-t-elle son mari le soir de leurs noces ? Qui est cette jeune mariée ? Qui est son mari ? Quelle est l’histoire de leur couple ? Pourquoi sont-ils mariés ? Où se sont-ils mariés ?

Découvrir d’autres romans de Joël Dicker :
La Vérité sur l’Affaire Harry Québert

L’Énigme de la chambre 622, de Joël Dicker, éd. de Fallois/Paris, 586 pages, 23 euros.

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