The Secret Garden de Frances Hodgson Burnett

Retour en enfance ces dernières semaines. J’ai décidé de lire le roman qui a inspiré l’un des mes films préférés étant enfant, Le Jardin Secret. Ce film réalisé en 1993 par Agnieszka Holland est une douce madeleine de Proust mais il était aussi à l’origine de l’un des mes cauchemars les plus récurrents. La première scène évoque un terrible incendie où la petite Mary Lennox perd toute sa famille et devient orpheline. Quel cauchemar épouvantable pour la petite fille que j’étais !

Mary Lennox doit quitter l’Inde où elle est née pour rejoindre l’Angleterre où se trouve son oncle qu’elle n’a jamais connu et qui devient son tuteur légal. Elle est accueillie par Mrs Medlock, la gouvernante (brillamment interpretée par Maggie Smith au cinema) qui la laisse complètement seule dans le grand manoir aux 100 chambres non-utilisées. Le petite Mary est capricieuse et malpolie. Elle n’a jamais été aimée de ses parents qui ne souhaitaient pas d’enfant et dont l’éducation a été laissée à des Ayah (nourrice/femme de chambre en Inde). Elle subie un choc culturel lorsqu’elle se retrouve dans la lande anglaise, où sa dame de chambre Martha, lui parle avec la chaleur et l’aisance des habitants du Yorkshire. Avec l’accent du comté en prime ! Et d’ailleurs, ayant lu le roman en anglais, cela n’a pas été chose aisée pour moi non plus de comprendre la pauvre Martha ou son petit frère Dickon, car les phrases étaient écrites en imitant l’accent. Mais voilà qu’un soir, Mary entend un enfant pleurer dans les couloirs. Elle découvre pour la première fois son cousin Colin, du même âge qu’elle et alité car tout le monde pense qu’il va mourir.

L’histoire du petit Colin est terrible. L’enfant a été isolé par son père suite au décès de sa mère. Le père, dans un deuil le plus profond, laisse la charge de cet enfant dont il ne peut plus regarder (il a les yeux de sa mère) au personnel du domaine . Colin est alors suivi par le docteur Croven, cousin de son père, et a parfaitement conscience que le médecin n’attend qu’une chose, que Colin décède le rendant héritier unique du domaine. Les fenêtres de sa chambre étant fermées, il ne connait rien au monde extérieur ni même les saisons.

« Is the spring coming? » he said. « What is it like? You don’t see it in rooms if you are ill. »
« It is the sun shining on the rain and the rain falling on the sunshine, and the things pushing up and working under the earth, » said Mary.

L’évolution de la petite Mary dans son nouvel environnement est une inspiration à vivre la vie pleinement et positivement. Son attitude envers elle-même et envers les autres changent au gré des gens qu’elle rencontre. Lorsqu’elle rencontre le vieux jardinier Ben Weatherstaff, elle le trouve arrogant au premier abord mais réalise qu’ils sont finalement assez similaires.

To her surprise the surly old weather-beaten face actually changed its expression. A slow smile spread over it and the gardener looked quite different. It made her think that it was curious how much nicer a person looked when he smiled. She had not thought of it before.

Chaque soir elle se remémore les bons moments qu’elle a passé, même lorsqu’elle ne peut pas jouer dans le jardin, et lui donne encore plus envie d’être au lendemain. « She felt as if she had been on a long journey, and at any rate she had something to amuse her all the time and she had played with the ivory elephants and had seen the grey mouse and its babies in their nest in the velvet cushion. »

Lorsqu’elle rencontre son oncle pour la première fois, elle parvient à lire ses états d’âme sur son visage. « He was not ugly. His face would have been handsome if it had not been so miserable. He looked as if the sight of her worried and fretted him and as if he did not know what in the world to do with her. » Elle lui demande alors la question la plus mignonne du livre : puis-je avoir un bout de terre ? Pour y planter des fleurs. Elle pense alors évidement au jardin secret dont elle vient de trouver la clé. J’ai pu apprendre tout le vocabulaire de l’horticulture grâce à ce livre ! Interrogez-moi je les connais toutes maintenant : ivy, rose, crocuse, snowdrop, daffodil, jonquil, daffydowndilly, lillies, purple flag, larkspur, white poppy, mignonette, Canterbury bells… Mary veut planter les fleurs citées dans la chanson que les autres enfants chantaient pour se moquer d’elle. Sa façon de transformer la négativité en beauté.

Mistress Mary, quite contrary,
How does your garden grow?
With silver bells and cockle shells,
And marigolds all in row.

J’ai beaucoup aimé les références à l’Inde que Mary raconte à Colin. Elle le surnomme le jeune Rajah, titre de jeune prince en Inde. Et j’ai aimé l’imagination de Colin qu’il a grâce aux livres et sa croyance en la Magie. Je termine d’ailleurs par cette jolie pensée de Colin.

« Of course, there must be lots of Magic in the world, » he said wisely one day, « but people don’t know what it is like or how to make it. Perhaps the beginning is just to say nice things are going to happen until you make them happen. »

Le monde est plein de magie. Mais les gens ne savent pas la reconnaître, ni comment la faire agir. Il suffit peut-être, pour commencer, de croire que des choses merveilleuses vont arriver pour qu’elles se produisent réellement. 

The Secret Garden, de Frances Hodgson Burnett, édition Penguin for V&A Museum, 341 pages, £9.99.

2 réflexions sur “The Secret Garden de Frances Hodgson Burnett

  1. Marie dit :

    Le joli souvenir de lecture d’enfance que tu fais remonter… du même auteur, j’avais beaucoup aimé le Petit Lord Fauntleroy, plus basé sur la relation entre un enfant et son grand père. Je n’ai pas vu le film, surement un peu tard maintenant 😉
    Mais je proposerais surement ces livres à mes enfants d’ici quelques années

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