La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil de Sébastien Japrisot

la-dame-dans-lautoRésumé : 

Elle est la plus blonde, la plus belle, la plus myope, la plus sentimentale, la plus menteuse, la plus vraie, la plus déroutante, la plus obstinée, la plus inquiétante des héroïnes. La dame dans l’auto n’a jamais vu la mer, elle fuit la police et se répète sans cesse qu’elle n’est pas folle… Pourtant… Ce qui lui arrive est à n’y rien comprendre. On lui a cassé la main, dans une station-service. Juste la main, sans lui prendre l’argent. Comme pour lui dire que partout, où qu’elle soit, on pourra lui faire mal, par petits bouts, jusqu’à la fin, que jamais, quelle que soit la fuite, elle ne pourra être seule, libérée de ce qu’elle sait, du passé et de ce qu’elle cache…

L’auteur : 

Sébastien Japrisot, né à Marseille en 1931, a fait ses études chez les jésuites, puis en Sorbonne. A dix-sept ans, il publie sous son vrai nom (Jean-Baptiste Rossi) un roman, Les mal partis, qui obtient en 1966 le prix de l’Unanimité (décerné par un jury qui comprend Jean-Paul Sartre, Aragon, Elsa Triolet, Arthur Adamov, Jean-Louis Bory, Robert Merle). Il traduit, à vingt ans, L’attrape-coeur de Salinger, et plus tard Les Nouvelles. Après une expérience de concepteur et de chef de publicité dans deux grandes agences parisiennes, il publie coup sur coup Compartiment tueurs et Piège pour Cendrillon (Grand Prix de littérature policière), qui rencontrent d’emblée la faveur de la critique et du public. Succès que viendra confirmer La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (Prix d’honneur en France, Best Crime Novel en Grande-Bretagne). Après une période où il écrit directement pour le cinéma (Adieu l’ami, Le passager de la pluie, La course du lièvre à travers les champs), il revient à la littérature avec L’été meurtrier (prix des Deux-Magots 1978, César de l’adaptation cinématographique 1984) puis avec La passion des femmes. La plupart de ses livres ont été portés à l’écran. Traduit dans de nombreux pays (Europe, Amérique, Japon, pays de l’Est), considéré comme l’un des écrivains français les plus lus à l’étranger et prix Interallié 1991 pour un Long dimanche de fiançailles, Sébastien Japrisot est mort le 6 mars 2003.

Editions : Folio Policier

Année de publication : 1966

Année d’édition : 2005

Nombre de pages : 311

Mon avis :

« Ca te dirait de venir voir La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil au cinéma ? Tu ne connais pas ? J’ai lu le livre au lycée, il faut absolument que tu le lises ! ». Avec un titre pareil, mon ami Quentin m’avait convaincue de me lancer dans cette lecture. Une semaine plus tard, il m’avait rapporté son exemplaire.

Ce polar psychologique nous emmène en roadtrip de Paris à Marseille en passant par les routes nationales. Écrit en 1966, on retrouve avec plaisir cette époque où il n’y avait ni internet ni téléphone portable.

La dame à l’auto est terriblement mystérieuse. Et elle est sensuelle, malgré ses problèmes de vue qui la force à porter de grosses lunettes teintées. Elle a du répondant, surtout avec les hommes. Cette femme, que l’on imagine d’une élégance naturelle, est perchée sur une autre planète, comme inaccessible. Ce qui n’arrange pas ses ennuis.

En effet sur un coup de tête, elle vole la voiture de son employeur et part dans le Sud depuis Paris. Or des éléments clochent sur son itinéraire. Serait-elle déjà passée par cette route la veille ? Est-ce qu’elle perd la tête ? Revît-elle la scène ? Et pourquoi s’est-elle faite agressée sur cette aire d’autoroute ? Et par qui ?

« Il y avait bien d’autres bizarreries chez Miss Quatre-Oeil. L’enveloppe de salaire dans son sac. Et d’abord ce sentiment qu’elle n’avait cessé de lui donner d’être deux personnes à la fois : l’une plutôt futée, vive, assurée, l’autre angoissée, masochiste. Elle parlait dans son sommeil. Elle ne disait rien d’autre qu’un nom – Maman-Sup – et un bout de phrase qui l’avait inquiété réellement. C’était : « Tu es mort », ou « Tuer-Mort » ou « Tuez-moi », elle n’avait prononcé cela que deux fois, tout près de sa bouche, et il n’était pas sûr du sens qu’il fallait donner à ces trois syllabes. Ce pouvait être aussi : « Tu es à moi », dans un demi-réveil, en s’adressant à lui, mais il ne le croyait pas. Il y avait comme une cassure chez cette fille. »

Dans sa Thunderbird blanche cabriolet, son foulard et ses grosses lunettes noires, elle fonce sur les routes de France avec une grande classe.

Ce roadtrip m’a énormément donné envie de découvrir toute la région de Marseille, Aix-en-Provence et Cassis. Il est rare qu’un polar me donne des envies de tourisme !

la dame dans l'auto

La dame dans l’auto avec des lunettes et un fusil (2015)

L’ambiance instable de ce roman est prenante. Il existe deux adaptations cinématographiques de ce roman. Le premier film de 1970 (franco-américain) réalisé par Anatole Litvak avec Samantha Eggar et Oliver Reed et le second de 2015 (français) réalisé par Joann Sfar avec Stacy Martin et Benjamin Biolay.

Ma note : 8/10

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