Good Omens de Terry Pratchett et Neil Gaiman

La fin du monde aura lieu un samedi. C’est ce qu’a prédit une sorcière du nom d’Agnes Nutter dans son recueil de prophéties rédigé en 1655. Et d’ailleurs elle aura lieu ce samedi, après le thé. L’heure de l’Armageddon a sonné. Le Bien et le Mal s’affronteront dans une dernière bataille. Onze ans auparavant l’antéchrist, fils de Satan, a été amené sur Terre pour accomplir sa funeste mission. Mais suite à une malheureuse erreur à la maternité, le nouveau né a été placé dans la mauvaise famille. Le vrai antéchrist s’appelle Adam et vit dans un petit pavillon en banlieue londonienne. Pourtant un ange méticuleux, Aziraphale et un démon débauché, Crowley, s’étaient donné à coeur pour éduquer le futur responsable de l’apocalypse. Mauvaise personne ! Ils vont devoir alors tout faire pour réparer leur erreur.

Ce livre faisait partie de ma liste du challenge Quand la BBC parle des livres, et est un must à lire de la littérature britannique. Par contre, je suis relativement débutante en lecture en anglais, et entre ça et l’humour loufoque et absurde de ce roman, j’avoue avoir eu quelques difficultés. Si je comprenais évidemment les grandes lignes, je confirmais ma bonne comprehension en regardant en parallèle la série Good Omens réalisée en 2019. Elle est d’ailleurs très fidèle au roman ! L’humour est là, les acteurs sont excellents (David Tennant et Michael Sheen), j’ai adoré.

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Faut pas prendre les cons pour des gens de Emmanuel Reuzé et Nicolas Rouchaud

De passage à Nancy lors du salon national de la rentrée littéraire – Le Livre sur la Place -, je ne pouvais échapper à mon destin. En un claquement de doigts, j’étais au beau milieu de l’une des plus belles et grandes librairies de Nancy, le Hall du Livre. Il se trouve qu’en plus j’avais oublié de prendre mon livre pour ce weekend improvisé alors je me suis tournée vers le rayon BD qui me suffirait pour me divertir le temps d’une soirée.

J’étais en grande hésitation jusqu’à ce que je tombe sur ce titre qui m’interpelle, Faut pas prendre les cons pour des gens. Le fameux magazine Fluide Glacial a repris pour l’occasion quelques dessins publiés dans ses périodiques mensuels et a ajouté des inédits ! La première de couverture donne la thématique dès le départ. Ayant lu dernièrement Zaï Zaï zaï zaï de Fabcaro, j’ai ressenti la même ambiance humoristique.

Sans surprise, je l’ai lu d’une traite, rigolant toute seule. C’est une belle satire de la société dépeinte par des situations les plus loufoques les une des autres. L’humour absurde est au rendez-vous. C’est direct, violent, sombre mais tellement bon. La critique est subtile et efficace. De quoi prendre un peu de recul sur la bêtise et les contradictions qui nous entourent pendant une cinquantaine de pages.

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Zaï zaï zaï zaï de Fabcaro

zai zai zai couvertureJ’ai découvert cette BD sur le blog de Panda Laveur qui de façon générale me fait beaucoup rire dans ses chroniques. Elle avait fait l’éloge de cette BD grâce à son humour absurde. Et c’était un excellent conseil !

Un auteur de bande dessinée, alors qu’il fait ses courses, réalise qu’il n’a pas sa carte de fidélité sur lui. La caissière appelle le vigile, mais quand celui-ci arrive, l’auteur le menace et parvient à s’enfuir.
La police est alertée, s’engage alors une traque sans merci, le fugitif traversant la région, en stop, battant la campagne, partagé entre remord et questions existentielles.
Assez vite les médias s’emparent de l’affaire et le pays est en émoi. L’histoire du fugitif est sur toutes les lèvres et divise la société, entre psychose et volonté d’engagement, entre compassion et idées fascisantes. Car finalement on connaît mal l’auteur de BD, il pourrait très bien constituer une menace pour l’ensemble de la société. Lire la suite

War and Peas de Jonathan Kunz et Elizabeth Pich

War and peas

« Hilarious, morbid, and sometimes oddly touching, War and Peas is among the best of the best in modern comics. You’ll be laughing out loud. » — Sarah Andersen, creator of Sarah’s Scribbles

Les créateurs du compte Instagram War and Peas ont sorti leur premier recueil de comics. Humour noir, esthétique digne des contes de fées et des chutes à chaque fin de planche en font la parfaite recette d’un bon moment de rire.

On y retrouve avec plaisir leurs personnages : la Grande Faucheuse qui prend beaucoup de plaisir à visiter ses clients potentiels, un robot désespérément amoureux de sa créatrice et une sorcière en manque d’assurance mais un peu hot.
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Trois hommes dans un bateau (sans parler du chien!) de Jerome K. Jerome

Trois hommes dans un bateau - Jerome K. Jerome - couverture - cover - GF flammarion

Trois hommes sur un bateau de Jerome K. Jerome fait partie du BBC challenge. Ça y est ! Je me lance enfin ! Il s’agit d’un roman culte anglais, on le dit même berceau de l’humour british ! Ne dites pas plus, j’aime déjà !

Trois petits employés de bureau, amateurs de bistros, tire-au-flanc et hypocondriaques, entreprennent, pour prendre l’air, de remonter en canot la Tamise. Munis notamment d’un banjo et d’une poêle à frire, et accompagnés d’un fox-terrier nommé Montmorency, les voilà engagés dans le plus saugrenu des périples… Au récit hilarant de cette folle équipée s’entremêlent de savoureuses digressions sur les mérites comparés d’un voyage avec ou sans fromage dans ses valises, la vaste fumisterie des bulletins météorologiques, l’inconvénient de dormir sous le même toit qu’un couple d’amoureux, ou encore l’effet démoralisant de l’air fluvial… 

Ce roman sorti en 1889 a d’abord choqué la haute aristocratie anglaise qui estime que seul leur humour mérite d’être accessible à tous. Jamais il n’avait été vu de publier ce genre d’humour « de comptoir » à la vue de tous. Quelle honte ! 

Qu’est-ce que l’on peut rire, on oublie souvent que cela a été rédigé il y a presque 150 ans !

Chaque chapitre est une aventure loufoque. Je n’ai jamais autant noté autant de citations d’un roman !

Nos petits employés de La City, étant particulièrement blasés par leur travail, font régulièrement des traits d’esprit à ce sujet :

« J’ai toujours l’impression que je fais plus de travail que je ne devrais. Non pas que je rechigne au travail, notez-le bien ; j’aime le travail, il m’enchante. Je resterais des heures à le contempler. J’adore l’avoir auprès de moi. L’idée d’en être séparé me fend le coeur.
On ne saurait me donner trop de travail ; accumuler le travail est devenu pour moi presque une passion ; mon bureau en est rempli, à tel point qu’il n’y a plus de place pour en mettre davantage. Il me faudra bientôt faire bâtir une annexe.
Et je prends soin de mon travail, aussi. Vrai, une partie de celui que j’ai à présent chez moi est en ma possession depuis des années, et il n’y a pas dessus la moindre trace de doigts. Je suis très fier de mon travail. Je le descends de temps en temps pour l’épousseter. Personne ne tient son travail en meilleur état de conservation que moi. »

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