Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi

75613961_14710167

Il s’agit du premier roman que je lis de Virginie Grimaldi. J’avais déjà eu l’occasion d’offrir l’un de ses livres lors de mes échanges de livre donc elle ne m’était pas inconnue. La couverture aux couleurs vives présage un bon moment à passer et une lecture adaptée pour les vacances (dont je reviens à l’instant!). 

Le lecteur se met dans la peau de Julia, une jeune psychologue trentenaire qui cherche à prendre du recul sur sa vie après plusieurs épisodes douloureux – deuil, rupture amoureuse… Ce besoin de changement la mène de Paris à Biarritz dans la maison de retraite des Tamaris où elle exerce en tant que psychologue et y habite. Sceptique au départ concernant le rapport avec les personnes âgées – dixit les yeuves -, une relation de confiance se crée et casse les aprioris de Julia.

Les échanges trans-generationnels fonctionnent bien dans ce roman. Cela me rappelle d’autres histoires du même style Ensemble c’est tout d’Anna Gavalda ou Tom, petit Tom, tout petit homme, Tom de Barbara Constantine. On est très clairement dans un roman « feel good ». Sur un fond de drame, l’amour et l’humour vaincront ! Les réflexions de Julia sont toujours très drôles et sentent le vécu.

– Allez tous en ligne ! poursuit mon bourreau. Julia, puisque c’est une première fois pour toi, je t’explique les règles. Je vais compter jusqu’à trois et on se mettra tous à courir dans l’eau. Le dernier arrivé aura un gage. Prête ?
Non, attends, je crois que j’ai oublié quelque chose dans ma chambre, il faut que je retourne le chercher. Mon cerveau.
– Prête.
– 1…
Je lègue tous mes livres et mes bijoux à ma mère.
– 2…
Je lègue mon maquillage et mes DVD de Ryan Gosling à ma soeur.
– 3 !
Adieu.
Je n’entends plus rien, je ne vois plus rien. Je cours comme si ma vie en dépendait, je crie un peu, il se peut même que j’appelle ma mère une fois ou deux. L’eau est tellement froide qu’elle parait bouillante, je vais me désagréger, on ne retrouvera que mes dents, des enfants les prendront pour des coquillages et s’en feront des colliers. Voilà je vais terminer en collier. Sur ma tombe, on gravera « C’était un bijou ». Quelle belle fin !

Il y a aussi de grands moments d’émotion. Certaines conversations que Julia entretient avec les résidents nous touchent personnellement et font prendre du recul face à la vieillesse et à la maladie.

– J’ai peur de perdre tous mes souvenirs. Je me fiche d’oublier ce que j’ai mangé une heure avant, mais j’ai peur d’oublier la joie intense que j’ai ressentie à la naissance de chacun de mes enfants, j’ai peur d’oublier combien j’ai aimé les câliner, les rassurer, les voir sourire… j’ai peur d’oublier les visages heureux de mes petits-enfants quand ils jouaient sous le cerisier de mon jardin, j’ai peur d’oublier la tendresse dans les yeux de mes parents. Je vais m’accrocher à ces souvenirs-là de toutes mes forces, en espérant que la maladie prendra d’abord les autres, puisque je n’ai d’autres choix que de les lui donner.

Tout en s’occupant de ces personnes âgées, Julia ne prend pas forcément de temps pour penser à ce qui ne va pas chez elle. Elle a également ses propres problèmes à régler. Et en particulier la relation qu’elle a avec les membres de sa famille. La thérapie qu’elle donne aux résidents de la maison de retraite lui est également bénéfique.

La première fois que j’ai dit « je t’aime » à ma mère, c’était par téléphone, après le décès de Miss Mamie. Quand on a raccroché, elle a appelé Marion pour lui dire de me surveiller, que je devais penser au suicide. Chez nous, l’amour, il se cache dans les petits détails. Dans une couverture qu’on relève sur celui qui dort, dans un film qu’on a envie de voir, mais qu’on préfère attendre de regarder ensemble, dans un sourire alors qu’on est à deux doigts de pleurer, dans la dernière part du gâteau au chocolat qu’on laisse à l’autre, dans une tête posée sur son épaule, dans un rire à une blague pas drôle, dans le papier cadeau qu’on garde parce qu’elle a écrit « pour ma petite chérie » dessus.

Concernant la forme, l’écriture est simple mais efficace. Je pense que si je me mettais à l’écriture, ce style me conviendrait parfaitement. Les chapitres sont très courts mais nombreux. Ils sont séparés par de belles citations.

« Etre heureusement ne signifie pas que tout est parfait. Cela signifie que vous avez regardez au-delà des imperfections. »
Aristote

Cette lecture m’a à la fois fait rire et monter les larmes aux yeux. Et à plusieurs reprises ! Un roman qui fait du bien et qui peut faire écho à sa propre vie. Tu comprendras quand tu seras plus grande, une promesse d’une jolie leçon de vie.

Une réflexion sur “Tu comprendras quand tu seras plus grande de Virginie Grimaldi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s